Les Refrains des Bataillons de Chasseurs

A l'origine, le refrain du bataillon, éventuellement suivi du refrain particulier d’une compagnie, était véritablement un « indicatif» signifiant que la sonnerie qui allait suivre était un ordre à exécuter par l’unité ainsi désignée soit dans le service intérieur (réveil, rassemblement, appel des gradés de semaine, etc.), soit au combat (la charge, cessez-le-feu, etc.).

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1 - Si l’septième de ligne a des couilles au cul - Le premier Chasseurs les lui a foutues !

2 - Le commandant a mal aux dents, mes enfants - Le commandant a mal aux dents, mes enfants.

3 - V’la l’3ème, v’la l’3ème qui rapplique au galop ! - V’la l’3ème, v’la l’3ème qui rapplique sac au dos !

4 - Quatrième Bataillon, commandant Clinchant, toujours en avant !

5 - Cinquième Bataillon, ventre à terre, commandé par certain Canrobert, en avant !

6 - Le sixième est là ! - Il est un peu là !

7 - Bataillon, Bataillon, Bataillon de fer ! - Bataillon, Bataillon, Bataillon d’acier !

8 - T’as beau courir, tu n’me rattrap’ras pas ! - T’as beau courir, tu n’me rattrap’ras pas !

9 - Marie, j’ai vu ton cul tout nu ! - Cochon, pourquoi l’regardes-tu ?

10 - Dixième Bataillon, commandant Mac Mahon, n’a pas peur du canon, nom de nom !

11 - Onzième Bataillon d’Chasseurs Alpins, onzième Bataillon de Chasseurs Alpins !

12 - Ah, c’qu’il est con, c’qu’il est con l’douzième - Ah, c’qu’il est con, c’qu’il est con, c’con là !

13 - Sans pain, sans fricot, au treizième on n’boit que d’l’eau !

14 - La peau d’mes roulettes pour une casquette ! - La peau de mes rouleaux pour un chapeau !

15 - J’fum’rais bien un pipe, mais je n’ai pas d’tabac !

16 - Seizième Bataillon de Chasseurs à Pieds, seizième Bataillon d’acier !

17 - Cré nom d’un chien, nous voilà bien partis ! - Cré nom d’un chien, nous voilà bien !

18 - Encore un biffin d’enfilé, rompez ! - Encore un biffin d’enfilé !

19 - Trou du cul, trou du cul plein d’poils sales ! - Trou du cul, trou du cul poilu !

20 - Vingtième Bataillon, commandant Cambriels, les Chasseurs au pied ont des ailes !

21 - En voulez vous des kilomètres, en voilà ! - En voulez vous des kilomètres, en voilà !

22 - Encore un biffin d’tombé dans la merde ! - Encore un biffin d’emmerdé !

23 - V’là l’vingt-troisième, nom de dieu ! ca va barder !

24 - Tout le long du bois j’ai baisé jeannette ; tout le long du bois j’l’ai baisé trois fois !

25 - Pas plus con qu’un autre, nom de dieu ! mais toujours autant !

26 - Tu m’emmerdes et tu m’fais chier, tu m’dis ça, c’est pour blaguer !

27 - Si vous avez des couilles, il faudra le montrer !

28 - Saut’ putain, t’auras de la saucisse ! - Saut’ putain t’auras du boudin !

29 - C’est le vingt-neuvième qui n’a pas de pain, qui crève de faim, qui march’ quand même.

30 - Il était un p’tit homme tout habillé de bleu, nom de dieu !

31 - Trente et unième, l’, dernier v’nu, pas l’plus mal foutu !

32 - Si j’avais du pinard, j’en boirais bien une goutte ! - Si j’avais du pinard, j’en boirais bien un quart !

40 - Trou du cul ... de la reine des Hovas

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Les Allobroges :

Je te salue, ô terre hospitalière
Où le malheur trouva protection
D'un peuple libre arborant la bannière
Je vins fêter la constitution
Proscrite hélas ! J'ai dû quitter la France
Pour m'abriter sous un climat plus doux
Mais au foyer a relui l'espérance
Et maintenant et maintenant je suis fière de vous.

Refrain
Allobroges vaillants ! dans vos vertes campagnes
Accordez-moi toujours asile et sûreté
Car j'aime à respirer l'air pur de vos montagnes:
Je suis la Liberté ! la Liberté !

Au cri d'appel des peuples en alarme,
J'ai répondu par un cri de réveil
Sourd à ma voix ces esclaves sans armes
Restèrent tous dans un profond sommeil
Relève-toi ma Pologne héroïque
Car pour t'aider je m'avance à grands pas,
Secoue enfin ton sommeil léthargique
Et je le veux, et je le veux, tu ne périras pas.

Un mot d'amour à la belle Italie
Alsaciens vers vous je reviendrai,
Un mot d'amour au peuple qui supplie,
Forte avec tous et je triompherai.
En attendant le jour de délivrance
Priant les dieux d'écarter leur courroux
Pour faire luire un rayon d'espérance
Bons Savoisiens, bons Savoisiens,
Je resterai vers vous.

Déjà j'ai fait, oh ! beau pays de France
Sur les sillons briller mon arc-en-ciel
J'ai déjà fait pour ton indépendance
Le premier pas pays béni du ciel,
Ecoute bien mes leçons salutaires,
En confiant en ta grande cité,
Réveille donc les grands mots de tes pères
Fraternité, fraternité, amour, égalité.

Chez les humains toujours je fais ma ronde;
Mon but unique est de tous les unir
J'espère bien faire le tour du monde
Et triompher dans un prompt avenir
Je veux raser ces murailles altières
Qui des tyrans abritent le courroux
Je veux bientôt tomber les frontières
La terre doit être libre pour tous.

La Sidi-Brahim :

Francs chasseurs hardis compagnons
Voici venu le jour de gloire
Entendez l'appel du clairon
Qui vous présage la victoire
Volez intrépides soldats
La France est là qui vous regarde
Quand sonne l'heure du combat
Votre place est à l'avant-garde

Refrain
En avant! Braves bataillons
Jaloux de votre indépendance
Si l'ennemi vers nous s'avance
Marchons! Marchons! Marchons!
Serrons les rangs
Mort aux ennemis de la France

Quand votre pied rapide et sûr
Rase le sol, franchit l'abîme
On doit voir à travers l'azur
L'aigle voler de cime en cime
Vous roulez en noirs tourbillons
Et parfois, limiers invincibles
Vous vous couchez dans les sillons
Pour vous relevez plus terribles

Aux champs où l'oued Had suit son cours
Sidi-Brahim a vu nos frères
Un contre cent lutter trois jours
Contre des hordes sanguinaires
Ils sont tombés silencieux
Sous le choc comme une muraille
Que leurs fantômes glorieux
Guident nos pas dans la bataille

Héros aux courages inspirés
Vos pères conquirent le monde
Et le monde régénéré
Engerbe la trace féconde
Nobles aïeux reposez-vous
Dormez dans vos couches austères
La France peut compter sur nous
Les fils seront dignes des pères.
 

La Protestation :

Refrain
Encore un carreau de cassé
Voilà le vitrier qui passe
Encore un carreau de cassé
Voilà le vitier passé

Nous sommes trente mille braves
Au képi sombre, au manteau bleu,
Et nous voyons même les zouaves
Derrière nous courir au feu.
Vous qui voulez qu’on nous supprime,
Qu’avez-vous à nous reprocher ?
En guerre, en paix, notre seul crime
C’est d’avoir su trop bien marcher.
Ne touchez pas au corps d’élite,
Chasseurs, chasseurs, pressons le pas,
Qu’on nous fasse marcher plus vite,
Mais qu’on ne nous supprime pas.

Voyez un peu notre démarche,
Essayez de nous suivre au pas,
C’est notre bataillon qui marche,
Allons, ne vous essoufflez pas,
C’est le clairon qui nous entraîne,
Notre clairon, c’est notre amour.
Fi du biffin qui lent se traîne,
Trébuchant derrière un tambour.
Place aux chasseurs, la route est large,
La route qui mène au combat.
Vous les verrez pousser la charge,
Si vous ne les supprimez pas.

Visez-vous à l’économie ?
Des cinq milliards qu’on dut verser,
Nous vous offrons toute notre vie
Pour vous les faire rembourser !
Si vous tenez au drap garance
Qui coûte autant sans valoir mieux,
Notre sang versé pour la France
Rougira nos pantalons bleus.
A nous les coups de main dans l’ombre
Qu’il faut exécuter tout bas.
Notre tenue est assez sombre
Pour qu’on ne la supprime pas.

Vous avez vu nos frères d’armes
Tomber au loin pour le pays ;
Vous leur avez donné vos larmes,
Epargnez donc leurs vieux débris.
Serez-vous plus dur que la guerre ?
Ne voulez-vous pas ménager,
Aux chasseurs dormant sous la terre
Quelques chasseurs pour les venger ?
Que le canon Krupp nous décime
Il a sur nous droit de trépas
Et, s’il le peut, qu’il nous supprime
Mais vous, ne nous supprimez pas.

Vous avez vu la Grande Guerre
Faire de nous des Diables Bleus ;
Ce nom, ceux qui nous le donnèrent,
Allez, s’y connaissaient un peu.
Sur tous les fronts, Verdun, la Somme,
Plus de cent fois renouvelés
Nos bataillons comme un seul homme,
Devant la mort se sont dressés.
Chez nous pas de paroles vaines,
Les chasseurs d’Orléans sont là ;
Qu’à leur tombeau on nous enchaîne
Mais qu’on ne nous supprime pas.

Notre tenue, c’est le symbole
Du dévouement de nos aînés ;
Nous l’adorons plus qu’une idole,
Car elle est leur linceul sacré.
Pourquoi nous battre en drap moutarde ?
Les chasseurs ne meurent qu’en bleu.
Voulez-vous perdre une avant-garde
Qui fut toujours première au feu ?
Si vous respectez la mémoire
Des chasseurs qui, par leur trépas
Ont couvert la France de gloire
Vous ne la supprimerez pas.

Vive le pinard :

Le pinard c'est de la vinasse
Ca réchauffe par ousse que ça passe,
Vas y bidasse, 1, 2, remplis mon quart, 3, 4,
Vive le pinard, vive le pinard !

Sur les chemins de France et de Navarre,
Le soldat chante en portant son barda,
Une chanson aux paroles bizarres
Dont le refrain est "Vive le pinard !"

Dans la montagne, culbute la bergère
Dans la tranchée, renverse l’ennemi,
Et au combat, fous-toi la gueule par terre
Mais nom de Dieu ne renverse pas le pinard.

Aime ton pays, aime ton étendard,
Aime ton sergent, aime ton capitaine,
Aime l'adjudant même s'il a une sale gueule,
Mais qu'ça t'empêche pas d'aimer le pinard.

Dans le désert on dit que les dromadaires
Ne boivent pas, ça c'est des racontars.
S'ils ne boivent pas, c'est qu'ils n'ont que de l'eau claire,
Ils boiraient bien s'ils avaient du pinard.

Petit bébé, tu bois le lait de ta mère.
Tu trouves ça bon, mais tu verras plus tard, petit couillon,
Cette boisson te semblera amère
Quand tu auras gouté au pinard.

Ne bois jamais d'eau, même la plus petite dose,
Ca c'est marqué dans tous les règlements !
Les soldats disent : "Danger l'eau bue explose"
Va donc chantant sur tous les continents.

Si dans la brousse, un jour, tu rendais l'âme
Une dernière fois, pense donc au vieux pinard !
Si un giron a remplacé ta femme,
Jamais de l'eau n'a remplacé le pinard !

La Madelon :

Pour le repos le plaisir du militaire
Il est là bas à deux pas de la forêt
Une maison au mur tout couvert de lierres
"Aux Tourlouroux" c'est le nom du cabaret
La servante est jeune et jolie
Légère comme un papillon
Comme son vin son oeil pétille
Nous l'appelons la Madelon
Nous en rêvons la nuit, nous y pensons le jour
Ce n'est que Madelon mais pour nous c'est l'amour

Quand Madelon vient nous servir à boire
Sous la tonnelle on frôle son jupon
Et chacun lui raconte une histoire
Une histoire à sa façon
La Madelon pour nous n'est pas sévère
Quand on lui prend la taille ou le menton
Elle rit, c'est tout le mal qu'elle sait faire
Madelon! Madelon! Madelon!

Nous avons tous au pays une promise
Qui nous attend et que l'on retrouvera
Mais elle est loin, bien trop loin pour qu'on lui dise
Ce qu'on fera quand la classe rentrera
En comptant les jours on soupire
Et quand le temps nous semble long
Tout ce qu'on ne peut pas lui dire
On va le dire à Madelon
On l'embrasse dans les coins, elle dit "veux-tu finir"
On s'figure que c'est l'autre ça nous fait bien plaisir

Un caporal en képi de fantaisie
S'en vint trouver Madelon un beau matin
Et fou d'amour lui dit qu'elle était jolie
Et qu'il venait pour lui demander sa main
La Madelon pas bête en somme
Lui répondit en souriant
Pourquoi n'épouserais-je qu'un seul homme
Quand j'aime tout un régiment
Tes amis vont venir, tu n'auras pas ma main
J'en ai bien trop besoin pour leur servir du vin