Créées il y a plus de cent vingt ans (1888) les troupes de montagne bénéficient encore aujourd’hui d’une solide réputation gagnée sur les champs de bataille et de manœuvres. C’est durant la Grande Guerre que les Alpins ont commencé à entrer dans la légende, les terribles sacrifices qu’ils ont consentis ont permis alors d’éviter des défaites et surtout de remporter des victoires sur tous les fronts. On se rappellera surtout de leurs exploits dans les Vosges qui leurs ont valu, de la part de leurs ennemis, le surnom de "Diables Bleus".

               

Vingt ans plus tard les troupes alpines sont à nouveau en alerte lors de la mobilisation de septembre 1939. La plupart des unités sont déplacées dans le nord de la France pour y vivre la "drôle de guerre".

Au printemps 1940, plusieurs bataillons de chasseurs alpins sont envoyés en Norvège, ils remportent une des seules victoires françaises de 1940 lors des débarquements de Narvik et Namsos.

 

En juin 40, sur le front des Alpes, éclaireurs-skieurs et troupes de forteresse notamment font face au "coup de poignard dans le dos" des Italiens et repoussent ou bloquent ceux-ci sur la frontière. Au même moment d'autres alpins stoppent les avant-gardes allemandes descendant du nord en Savoie, Haute-Savoie et en Isère. Cette armée des Alpes sera alors appelée "l'Armée invaincue" après l'armistice.

   
Dans le nord de la France plusieurs unités alpines entières disparaissent lors de missions de sacrifice, principalement sur la Somme et l’Aillette.



Dès 1942 on retrouve des Alpins, éparpillés ou en unités constituées, dans l’ossature de plusieurs maquis régionaux. Les anciens cadres et hommes des troupes alpines forment la pierre angulaire de la Résistance dans notre région (Glières, Vercors, Beaufortain, Maurienne, Tarentaise, Bauges, Chartreuse etc.....).

Durant l’été 1944 les Alpins participent activement à la libération des vallées et reconstituent la 27ième division alpine. Durant tout l'hiver 44/45, des combats acharnés, contre les troupes de montagne allemandes, les Gebirgsjägers et les Italiens, se dérouleront sur la frontière franco-italienne quasiment jusqu’à l'armistice du 8 mai 1945.

  

Présentes en ordre dispersé lors de la guerre d’Indochine (1945/54), les troupes alpines réapparaîtront en grande unité constituée dans les massifs montagneux de la Kabylie de 1955 à 1962. Elles participeront quasiment à toutes les grandes opérations qui ont marqué ce conflit.

Parallèlement à ces activités guerrières, les troupes alpines ont aussi largement contribué au désenclavement des vallées par la construction de routes, ponts et tunnels. Ce sont aussi eux qui ont été des précurseurs en introduisant dans nos régions le ski, l’alpinisme et les courses en montagne.